lundi 4 juin 2012
 

Unknown

Simon Brand - 2006

Cinq hommes se réveillent dans un hangar. Ils ne se connaissent pas. Ils ne savent pas comment ils sont arrivés là. Ils ne savent même plus qui ils sont. Au fur et à mesure que la mémoire leur revient et que les indices se révèlent, la tension grimpe entre eux. Qui sont les victimes ? Qui sont les bourreaux, les ravisseurs ? Quelle est la raison de leur présence ?

Donc, vous prenez le pitch d’entrée de Saw, et en cours de route, vous le faites virer au polar « à la » Reservoir Dogs. Malheureusement, Unknown n’a ni la roublardise du premier, ni l’intensité du second.

Toujours référentiel (ou pire, toujours calqué sur quelque chose d’autre), le film ne développe aucun caractère. Aucun trait de mise en scène ne vient relever l’intérêt. Le casting, pourtant prestigieux, peine à donner vie à ces personnages. Joe Pantoliano gueule, Peter Stormare tire la gueule puis pète un câble, Jim Caviezel a de plus en plus l’air d’écoper des rôles que Christian Bale a refusés. Seul Barry Pepper tire un peu plus son épingle du jeu. La faute non seulement au réalisateur débutant Simon Brand qui a l’air plus occupé à essayer de gérer l’espace de son hangar et de l’éclairer de manière inquiétante, mais aussi tout simplement au scénario. Les personnages ne savent pas qui ils sont, ils avancent à l’aveugle, ils sont tous effrayés et excités. Pas facile dès lors de faire vivre des personnages dont on ne veut rien dire.

Pénibles aussi, les allers-retours entre l’intérieur du hangar et l’extérieur. Idéalement, ce film aurait dû être un huis-clos. Mais en l’état, il peinerait à atteindre l’heure de bobine. Alors on a tourné des scènes inutiles à l’extérieur, qui allongent le métrage sans rien nous apprendre, sans jamais nous intéresser. Une fois encore, on compare à Saw et Reservoir Dogs, qui, eux, parvenaient à sortir du lieu confiné de manière intéressante et/ou spectaculaire. Le gros de l’histoire est par ailleurs bien ennuyeux, aucune tension ne gagnant jamais le spectateur, et leurs réactions face à telle ou telle situation semblant peu naturelles.

Triste également, chaque retournement de situation est prévisible (lors d’une exécution, ces putains de coups de feu tirés hors champ n’ont, on le sait, pas été tirés dans la tête des otages) et le film ne nous surprend jamais. Et à force de trop vouloir en faire, il tombe dans le ridicule, comme lors du final rocambolesque, qui voit s’enchaîner les rebondissements identitaires de Caviezel (« merde, je suis un méchant »… « ah non, je me souviens, je suis un flic infiltré chez les méchants »… « oh bordel, je suis un über-méchant qui se fait passer pour un flic infiltré et qui va foutre la nique aux bêtes méchants »… oui, on révèle les détails de la fin, mais si vous avez encore envie de voir le film après cette chronique, c’est que vous avez vraiment du temps à perdre en soirée).

Le titre du film inspire en lui-même beaucoup de jeux de mots foireux et de vannes plus ou moins inspirées pour conclure cet article, mais un reste de dignité nous pousse à en rester là. Une attitude que l’on ne peut que conseiller aux auteurs de cette triste et insignifiante bobine, qui aura droit à son étoile d’honneur pour la prestation de Pepper.