
(2009)
L’hyperactif Townsend nous revient déjà avec le deuxième volet du carré d’albums qu’il a décidé de pondre sous le patronyme Devin Townsend Project. Et après le plus minimaliste Ki, sorti il y a à peine quelques mois, cette nouvelle livrée sonne plus pop-metal que jamais.
Alors non, pas la peine de s’énerver, « pop-metal » n’est pas forcément une expression dégradante ou insultante pour les poilus du monde musical. D’abord parce que dans « pop-metal », il y a toujours « metal », et qu’on est donc servi au niveau des grosses guitares superposées, du chant énervé et du headbanging sauvage. Et ensuite parce que « pop » est à prendre dans une acception différente que celle qu’on emploierait pour désigner le tout-venant de la musique de supermarché. Le pop-metal de Townsend est un metal dansant, hyper-catchy, qui s’écoute en mode « cerveau au vestiaire » ON, qui n’a d’autre prétention que de servir des bonnes mélodies qui font taper du pied.
La présence d’Anneke Van Giersbergen, qu’on ne présente plus, au micro sur une large part des titres de cet album est évidemment pour beaucoup à l’attrait engendré par le disque. Lumineux, son chant est un des incontestables points forts du disque. Peut-être un chouia pressés, certains font remonter à plusieurs années une prestation de sa part qui atteigne ce niveau. S’il est clair que ce n’est pas avec Agua de Annique qu’elle va nous proposer ce genre de chant envolé, il ne faut pas oublier non plus sa fantastique contribution au 1011001 d’Ayreon l’année dernière. C’est du chipotage, d’accord, mais cela devait tout de même être rappelé.
Même s’il n’est pas destiné à devenir un immense classique (les artistes trop prolifiques encaissent souvent ce bémol), la qualité des compositions, ces enchaînements de riffs tous aussi puissants et inspirés les uns que les autres, cette association de voix parfaite, ce son énorme (sauf pour la batterie, peu inventive et un chouia en retrait… pop-metal, on le vous disait) et cette poignée de titres énormes (Addicted, Hyperdrive - reprise de l’album Ziltoid the Omniscient, Numbered) garantissent un paquet d’écoutes sans prise de tête, avec un beau sourire de gros bébé gavé.
