
(2009)
Texas Trauma, c’est un quatuor belge, originaire de Charleroi, éloigné tant des tendances musicales à la mode du pays, que des méthodes corrompues de promotion. Le groupe est indépendant dans tous les sens du terme. Voilà pourquoi il fallut trois ans après la sortie de leur fort recommandable démo Investigation First pour voir sortir leur premier album Topgun Patsy. Les 4 acolytes ne sont en effet pas du genre à se contenter du minimum. C’est après un intérêt marqué de Jean-Luc de Meyer (Front 242), les recommandant tant au label Sleep Walking Records qu’au producteur Len Lemeire (Implant, 32crash) que leurs travaux furent finalisés. Après un premier mix moyennement satisfaisant, le groupe et Lemeire se remirent à la tâche, et voilà le résultat, imparable.
Après un instrumental paisible qui rappelle la valeur première du groupe - l’électro analogique, le groupe balance son hymne, déjà présent sur leur démo, mais ici survitaminé. En effet, P/F Girl est évident d’efficacité. C’est tout simple, ça donne envie de chanter, de taper du pied, et il y a là un équilibre électro / guitare et une voix bien tenue qui rappellent tout bêtement la grande époque de Neon Judgement. Et tout du long de cet album (qui mine de rien, dépasse les 50 minutes, certains vieux routiers de cette scène devraient en prendre de la graine), cette impression se confirme. Un mélange d’influences vocales cold-waveuses et de couleurs goth-rock (les backing vocals de Nad Summer Rain, la guitare de Didier Czepczyk de The Breath of Life...) qui rendent l’ensemble très attachant. Attachant, car la tonalité est réellement vintage. On n’a pas affaire là à des débutants qui essaient de se maquiller pour ressembler à leurs idoles, on est face à un groupe qui exprime ce qui lui tient réellement à cœur. Et cette simplicité se déroule titre après l’autre, sans futilité, ni remplissage, ni imitation. On retiendra les ambiances de film noir aux accents sexy (merci Nad pour les choeurs) de The Umbrella Man, le tubesque God bless anyone, la tendre ballade Silver Spoon, et le très old-school Verdi Verdun - peut-être le meilleur titre du disque, de par ses développements complexes.
C’est triste à dire, mais on ressent le besoin de dire que ce groupe ne sonne comme aucun groupe belge ou francophone. Comme si cela seul était un gage de qualité. Faut que j’écrive qu’on dirait que ça sort d’une caisse d’inédits de chez Wax Trax ? Mais ouais, merde, j’essaie juste de vous dire qu’il faut y jeter une oreille, parce que ça marche, ça ne ment pas, c’est bien écrit, bien produit, bien interprété. Voilà ce qui se passe quand des artistes se doublent d’être des gens sincères. Allez les voir en concert s’ils passent près de chez vous, vous ne le regretterez pas.
