lundi 4 juin 2012
 

Rammstein - Liebe ist für alle da

(2009)

Pussy, premier clip du nouvel album de Rammstein, avait été lâché sur le réseau le 1er septembre, et plus particulièrement sur les sites demandant aux mineurs de confirmer qu’ils ont plus de 18 ans pour pouvoir entrer. Le clip montrait en effet les membres du groupe se livrer à des actes que la morale chrétienne réprouve avec des demoiselles aux gros poumons. Il est vrai que Rammstein n’a jamais répugné à un peu de provocation, sans pour cela se départir d’un certain second degré. C’est encore le cas cette fois-ci, avec les différents musiciens se présentant façon série des années 70 (Till as « The Playboy », Oliver as « Mr.Pain »…et Flake, décidément victime sacrificielle idéale, as « The She-male »). Néanmoins, les images étaient suffisamment explicites pour bannir le clip de réseaux de partage vidéo comme Youtube ou Dailymotion. Et le morceau dans tout ça ? Rien de surprenant, à vrai dire : le single de Rammstein typique, carré, un peu simpliste, efficace sans être renversant.

Pourquoi s’attarder à ce point sur un premier morceau de tout évidence très racoleur ? Tout simplement parce qu’une vidéo qui fait couler autant d’encre éveille immédiatement de forts soupçons quant à la consistance de l’album qui se dissimule derrière. Soupçons confirmés car, pour la première fois, ce clip porno-rigolo est tout ce qu’il y a de notoire à signaler au sujet d’un nouveau Rammstein. Malgré le laps de temps assez conséquent qui s’est écoulé depuis Rosenrot, le groupe est clairement en panne d’inspiration, allant même jusqu’à refourguer des gimmick tirés de ses précédents albums. Rammlied par exemple, ne se distingue que par des points de détail du Rammstein du premier album. Quelques pistes parviennent quand même à se hisser hors du lot (Waidmanns heil et Haifisch mais, sur des albums de la trempe de Sehnsucht ou Mutter, elles seraient passées totalement inaperçues.

Rammstein tente pourtant de surprendre, de choquer et d’intriguer comme il l’a toujours fait : En baptisant un titre « B…… » par exemple (hé non, ce n’est pas Bastard, c’est ce que vous voulez, en fait), en glissant des paroles d’Edith Piaf dans Frühling in Paris ou en abordant l’affaire Josef Fritzl dans Wiener blut. Mais jouer la carte de l’originalité n’est cette fois pas suffisante pour faire oublier la relative médiocrité des nouveaux morceaux. Le groupe aurait-il été rattrapé par la paresse liée à une popularité qui n’est plus à défendre ? Est-ce un simple baisse de régime due aux tensions de ces dernières années ? Sont-ils plus préoccupés par les effets pyrotechniques des concerts que par la fourniture de nouveau matériel décent ? Les Rammstein sont encore un peu jeunes pour devenir des Rolling Stones teutons. Il va falloir nous démontrer le contraire très rapidement. A suivre donc, et Hals-und-beinbruch à eux !