vendredi 1er juin 2012
 

Radio Moscow - Brain Cycles

(2009)

Petit mémento du parfait petit chroniqueur rock, chapitre 1, paragraphe 1 : on ne donne jamais son avis après une seule écoute ! Une seule écoute, ça ne vaut rien, ce n’est pas objectif, ça ne peut que faire ressortir un ressenti brut, on bazarde joyeusement toute nuance, tout recul nécessaire. En plus, ça peut mettre en exergue le moi profond dudit chroniqueur, et ça, c’est sale (d’ailleurs, chaque fois que je me suis prêté à l’exercice, c’était pour descendre violemment un disque qui m’avait irrité, mais, drôle de contingence du continuum spatio-temporel, j’avais mal mangé au repas précédant la rédaction de ma bavure).

Mais ici, j’avais vraiment envie de rédiger ma chronique après une seule écoute. Parce que je n’ai pas envie de prendre du recul, je n’ai pas envie de faire dans la belle chronique bien propre sur elle, relue dix fois et approuvée par un comité de lecture. Je n’ai pas envie de prendre le temps de faire des recherches sur le groupe pour vous le présenter. Non, la seule chose que je veux faire, c’est partager avec vous l’immense bonheur que l’écoute de ce Brain cycles m’a apporté.

Radio Moscow, c’est un merveilleux cocktail de Led Zep, Jimi Hendrix, Deep Purple, et tous les autres grands des années 70’s. Ces musiciens-là sont manifestement nés à la mauvaise époque, car leur Brain cycles, s’il était sorti durant ces divines années, aurait fait un carton.

Mais attention, hein, ce n’est pas parce qu’on frise le degré zéro de l’originalité que le disque est une simple copie bien foutue des standards d’il y a trente-cinq ans ! Il y a bien plus dans ce disque. Il y a un grain de folie psyché qui contamine l’esprit (on n’est pas loin parfois de Mars Volta, mais plus accessible), et surtout, on ressent constamment le plaisir qu’ont les musiciens à jouer. Relisez ce dernier mot : « jouer ». Car tout cela n’est fait que pour le plaisir. Ils s’éclatent dans le studio, ça s’entend, ça se ressent. Sur le final Broke down, ils ont l’air de déconner comme des gamins qui viennent de découvrir la stéréo.

Mais ce n’est pas parce qu’on s’amuse qu’on doit faire n’importe quoi. Nous avons affaire avant tout à de véritables virtuoses. Solos de batterie, guitares déclinées à toutes les sauces, avec tous les effets possibles et imaginables, l’album est constamment surprenant, varié et ébouriffant de maîtrise, qu’on soit dans les accélérations trépidantes à la Purple, dans les blues marécageux louisianais ou dans la ballade acoustique ténébreuse.

Deux mots, deux simples mots s’imposent quand le disque touche à sa fin. Merci ! Encore !