vendredi 1er juin 2012
 

Nosound - A sense of loss

(2009)

Troisième album pour le groupe de Giancarlo Erra. Si la continuité avec les sonorités développées précédemment est évidente, on s’amusera toutefois de constater un léger glissement dans la démarche du bonhomme.

Car oui, ça fleure toujours bon le Porcupine Tree d’il y a une quinzaine d’années (…putain… quinze ans). Les compos sont toujours basées sur de voluptueuses nappes de claviers, agrémentées de fins arpèges cristallins, rythmées d’un subtil jeu de batterie et portées par une voix chaleureuse et rassurante. Néanmoins, on sent un déplacement du spectre musical de l’art rock progressif des débuts vers un disque beaucoup plus ambiant, organique et planant. Le groupe nous avait annoncé des influences post-rock, et si l’album ne peut définitivement être rattaché à cette mouvance, il s’en rapproche indubitablement.

Alors bien sûr, ce genre de disque ne supporte pas vraiment la multiplication des écoutes attentives. L’ennui se pointera inévitablement auprès de celui qui entreprendra d’écouter la chose au casque plus d’une fois. Et si un passage en fond sonore passe comme une lettre à la poste, il ne rend pas vraiment hommage à la qualité du travail fourni. Par contre, écoutez-le en voiture, une fois la nuit tombée, sur un réseau routier pas ou peu éclairé, et c’est tout un monde qui s’offrira à vous. Un sentiment d’isolement, plus réconfortant qu’effrayant. Une sensation de bien-être, de quasi-plénitude alors que les kilomètres défilent. Une étrange chaleur dans l’habitacle. Un sourire un peu désabusé. Et presque la déception de constater qu’il y a une destination finale au voyage.