
Jeudi 8 avril 2010
Le légendaire manager et découvreur des Sex Pistols est mort ce jour à New York, des suites d’une forme rare de cancer. Sa santé s’était brutalement détériorée ces derniers temps. Son corps sera bien évidemment rapatrié à Londres pour y être inhumé... pas loin de Karl Marx dont il avait utilisé l’image à des fins provocatrices. Il avait 64 ans.
Rappelons qu’avant de servir d’impresario aux Pistols, McLaren avait ouvert avec sa compagne, la styliste Vivienne Westwood, une boutique de fringues à Londres en 1971, appelée Let it rock. Après divers voyages, le menant à manager les New York Dolls et à créer de provocateurs costumes pour eux, puis le changement de nom de la boutique (Too fast to live, too young to die), McLaren la fit fermer pour travaux, et la renomma encore en 1974, pour lui donner le nom qui la rendit mythique : SEX. Alors plus orientée vers le style fétichiste, Westwood proposait de nouvelles créations qui firent rapidement fureur. En 1975, les Sex Pistols se formèrent, et le succès du groupe renforca celui de la boutique. The rest is history, inutile de détailler.

Vous l’aurez compris, plutôt que de résumer la vie de McLaren au groupe de John Lydon et ses acolytes, nous préférons l’aspect plus créatif de sa vie. Nous nous devons donc de rappeler qu’il fut lui-même musicien et compositeur, et sortit quelques excellents albums, dont les deux premiers sont absolument mémorables. Le premier, Duck Rock, sorti en 1983, mixait influences world music (Afrique, Amérique du sud, Caraïbes) et hip-hop. La majorité des titres furent co-écrits par le géant Trevor Horn (également présent aux côtés de McLaren avec ses amis Anne Dudley et J.J. Jeczalik qui formèrent avec lui Art of Noise). Le single Buffalo Gals donna à McLaren l’image du héros du scratch et du sampling, tant il popularisa ces techniques par ce titre.
Son second album, Fans, co-produit par un autre ponte du genre, Stephen Hague, sortit en 1984. Cette fois, il voulait mixer musique électronique et opéra. Ce sont le Carmen de Bizet et le Madame Butterfly de Puccini qui furent adaptés pour ce disque, avec un résultat parfois bluffant, comme le prouva le succès du single Madame Butterfly (n°13 aux charts UK).
C’est sur ces mots de Cio-Cio San que nous terminons cet article. I’ll wait for him with unshakable faith. He’ll be back.
