vendredi 1er juin 2012
 
 
 

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Mort de John Hughes

Vendredi 7 août 2009

C’est avec une infinie tristesse que nous apprenons ce matin la mort de John Hughes, scénariste, réalisateur et producteur américain, à l’âge de 59 ans.

Sa réputation en Europe n’est pas du tout comparable à celle qu’il avait aux Etats-Unis, véritable porte-parole des adolescents des années 80, pour qui il restait une légende. Après avoir écrit deux adaptations filmées du magazine humoristique National Lampoon où il était chroniqueur, il se tourna pleinement vers la jeunesse américaine, de façon tendre et intelligente. Avec 4 films successifs de 1984 à 1986, Sixteen Candles (scénario, réalisation), Pretty in Pink (scénario), The Breakfast Club (scénario, réalisation) et La Folle Journée de Ferris Bueller (Ferris Bueller’s Day Off, scénario, réalisation), il marqua son empreinte sur cette décennie cinématographique souvent décriée depuis.

C’est en particulier sur The Breakfast Club qu’il faut insister, impeccable chronique des angoisses de cinq lycéens enfermés en retenue un samedi. Chaque personnage y est défini de façon spécifique (l’intello, le sportif, la princesse, la détraquée, le criminel), et réalise à la fin du film qu’il vaut plus que le stéréotype qu’il représente. Les cinq acteurs devinrent célèbres d’un seul coup, et avec d’autres de la même génération ayant connu le même succès au même moment, ils furent appelé le Brat Pack. Molly Ringwald, en particulier, voyait sa carrière associée à John Hugues pour toujours, car The Breakfast Club était déjà son troisième film pour lui, alors qu’elle n’avait encore que 16 ans au moment du tournage. Quiconque ayant vu le film à l’époque en garde un souvenir ému (toujours associé au single Don’t you (forget about me) des Simple Minds) ; il est quoi qu’il en soit difficile aujourd’hui de le revoir sans se projeter dans l’un des personnages, tant l’écriture est réaliste. "Qui pensez-vous être ?", y demandait Hughes.

La mort de John Hughes, due à une crise cardiaque lors d’une promenade en plein Manhattan, rappelle celle de son acteur fétiche John Candy, pour qui il avait tourné un grand nombre de fois, notamment dans Un Ticket pour deux (Plane, Trains & Automobiles, 1987) et Uncle Buck (1989). Ces films, basés sur un style de comédie plus familial, devaient faire déboucher Hughes sur une seconde moitié de carrière plus commerciale. C’est en effet lui qui écrivit la saga des Maman j’ai raté l’avion (Home Alone, 1990) et Beethoven (1992). Ces dernières années, il s’était retiré en famille.