vendredi 1er juin 2012
 
 
 

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Manowar : enfin un groupe qui ne se fout pas du monde

Dimanche 14 février 2010

Manowar, vous connaissez ? Mais si, les vikings du Nouveau-monde, plein de muscles et de poils, chantant depuis des temps immémoriaux des hymnes aux muscles et aux poils qui reposent tous sur la même conviction qu’il est important de mourir dignement dans un combat désespéré pour mériter sa place à la table d’Odin. Bref, pour les tenants de la Noble-musique-qui-a-des-choses-a-dire-meme-que-tout-le-monde-l’a-deja dit-seize-fois-mais-c’est-pas-une-raison, de quoi les flanquer sans procès dans l’abysse des cas irrécupérables.

Toujours est-il que Manowar s’est fendu en 2009 de l’EP Thunder in the sky, qui comprend une poignée de gros morceaux Metal aussi basique que burnés, histoire de clamer à ses détracteurs qu’ils ont encore de belles années devant eux à pouvoir se désoler du nivellement intellectuel par le bas du rock américain. Pour les curieux, on trouve aussi une version légèrement ré-instrumentée de The Crown and the ring, pachydermique musique d’ambiance idéale le jour où vous aurez décidé d’aller écrabouiller votre voisin à coups de marteau pour une sordide histoire de haies mal taillées. Et aussi Father, ballade musclée et velue, à destination des jeunes générations qui réfutent l’apport du père dans la construction socio-morale de leur individualité. A fortiori si l’intéressé était musclé et velu.

Et c’est là que j’ai envie de m’incliner bien bas face à Manowar. Parce que le second disque comprend pas moins de 16 versions locales de la dite chanson. Du croate au turc, de l’espagnol au japonais et du finnois au grec, chaque pays traversé - on le suppose - par la prochaine tournée mondiale se voit gratifié d’une version dans sa propre langue. Vu la teneur de la version française - on dirait Jane Birkin avec des muscles et des poils - il est à craindre que les versions hongroises ou norvégiennes prêtent également à sourire. Et on peut saluer l’effort de la part d’un groupe qui, quoi qu’on en dise, pose là un acte de respect assez rare vis-à-vis de ses fans.