
Malcolm Sanders et Gary Watson (2002)
A l’attention de tous les papas et toutes les mamans du monde qui en ont assez de lire et relire les histoires de Winnie l’ourson, Bambi et des trois petits cochons à leur progéniture : l’oncle Walt n’est pas une fatalité ! Il existe d’autres moyens d’accompagner les petits au pays des songes. Un bel exemple en est ce Chroniques du dragon, roman illustré de 128 pages contant l’épopée du mage Septimus pour exterminer les dragons sauvages commandés par le sorcier noir Gandicus.
Les péripéties que vivront Septimus et sa troupe ne risquent bien sûr pas d’émouvoir les vieux briscards de la fantasy, mais en tant qu’introduction au genre, ce bouquin constitue un ouvrage plus que recommandable, qui initiera les plus jeunes aux canons du genre : l’exploration de terres inconnues, la rencontre des peuples, le récit initiatique, la multitude de personnages, les batailles épiques, l’usage de la magie, et bien sûr, l’incursion dans un monde médiéval d’un bestiaire monstrueux absolument impressionnant. Véritables stars du roman, les dragons sont ici déclinés sous toutes les formes possibles : du dragonnet de la taille d’une main armé d’un dard mortel au dragon cracheur de feu à deux têtes en passant par le dragon ouragan, le scénariste et les différents illustrateurs s’en sont donnés à cœur joie.
La très bonne idée est ici d’avoir pensé le roman comme un grimoire, rédigé de la main de Septimus, et illustré par ses accompagnants. Le design des pages, la police d’écriture, certaines illustrations d’armes ou anatomiques des dragons participent à immerger le jeune lecteur dans l’aventure.
Enfin, comment ne pas mentionner l’indéniable point fort du roman : ses illustrations. Dans un style épique et flamboyant, les dragons sont ici magnifiés dans toute leur grandeur et toute leur puissance.
Roman à l’attention des 7-12 ans (le livre est à ranger à côté des Harry Potter et des premiers émois littéraires de nos chères têtes blondes), on pourra néanmoins conseiller ces Chroniques du dragon aux parents désireux de stimuler l’imaginaire de leurs plus jeunes enfants, pour autant qu’on accepte le principe de ne pas se contenter de lire bêtement l’histoire, mais qu’on prenne le temps d’expliquer par le détail, parfois avec des mots plus simples, et en oubliant certains noms de contrées barbares, le paragraphe que l’on vient de lire.
Mais quelle fierté quand votre petit mioche se pique de vous raconter cette histoire en n’omettant pratiquement aucun détail ou, après avoir grogné férocement, répond à sa grand-mère qui lui demandait s’il faisait le lion : « non, je suis le dragon ouragan ».
