vendredi 1er juin 2012
 

Leonard Cohen - Live in London

(2009)

Hier, je trainais mes guêtres dans un supermarché, incapable de me décider concernant ce que j’allais prendre pour le souper. Las, j’allais faire un tour du côté des multimédias. « "Presque" en évidence, il y avait le dernier DVD de Leonard Cohen. Même pas eu le temps de réfléchir, je l’ai attrapé et enfourné dans mon sac. Je suis ensuite retourné avec mes emplettes, décidé à préparer des filets de rougets avec compote de chorizo et d’orange. Tant qu’à faire, une ciabatta aux noix, une Fourme d’Ambert et une bonne bouteille de rouge vinrent compléter mes emplettes, de quoi passer une bonne soirée en perspective.

Et elle fut bonne…

On passera sur la première partie de la soirée dédiée à la sustentation, pour arriver directement au moment où ma douce et moi nous sommes affalés, la ciabatta, la Fourme et le vin à portée de main, et le DVD inséré dans le lecteur.

Monsieur Cohen et moi, ce n’est pas « à la vie, à la mort », mais pas loin. Ce n’est pas un artiste que je cite régulièrement comme un de mes favoris, j’ai finalement assez peu de disques de lui, mais je n’oublierai jamais la mélancolie qu’il a su distiller en moi le jour où j’entendis pour la première fois Partisan. Depuis, sa voix et ses chansons sont les bandes-son régulières de délicieux moments. Et tout ce que j’ai jamais pu aimer chez lui se retrouve sur ce DVD.

Déjà il y a ses chansons. Merveilleuses, sublimées par une interprétation sans faute de musiciens et de choristes au diapason. L’ouverture du concert se fait sur Dance me till the end of love, une de ses plus belles chansons, une des plus belles chansons tout court. Illico, l’ambiance est chaleureuse et confortable. On se sent directement installé et on savoure. On savoure les émotions que le chanteur et ses accompagnants répandent en nous. De l’amour, de la tristesse, de la mélancolie, de la ferveur, et tant d’autres…

Et puis, surtout, il y a l’homme. D’une classe infinie. Leonard Cohen est heureux d’être là. Il communique et communie constamment avec son public. Il le remercie souvent, chaleureusement. Et l’amour qu’il porte à la musique semble incommensurable. Il faut le voir fermer les yeux et déguster les solos de guitare, clarinette, claviers et autres, avant de présenter ses musiciens, plusieurs fois au cours du concert. Un respect pareil pour ses musiciens, ça ne se voit pas souvent. Il faut voir ses mains noueuses se refermer sur le micro avec un mélange de tendresse et passion. Il faut voir son regard aussi expressif que celui d’un gosse. Le charisme, la présence de Leonard Cohen crèvent l’écran, c’est une véritable démonstration de ce que sont la bonté et la grandeur d’âme. On se sent submergé d’un respect immense à l’égard du bonhomme, et on sourit de bonheur à le regarder.

Un grand moment…