
Samedi 6 mars 2010
Alors que les parisiens pleurent leur chère Locomotive, fermée fin 2008, on apprend la reformation d’Atari Teenage Riot, légendaire groupe allemand des années 90, qui ne passera pas par Paris pour sa petite tournée... mais à Limoges. L’explication ? Alec Empire est clair et net : "Nous avons décidé de faire cette date à Limoges, dans le centre de la France, du fait de la salle, excellente, mais aussi du fait de l’honnêteté et de l’enthousiasme que le promoteur et son équipe montrent pour notre musique. Nous avons refusé de jouer à Paris parce que les promoteurs se foutent des concerts qu’ils organisent, et parce que leurs salles sont gérées comme de coûteux supermarchés. On va enregistrer et filmer le concert, peut-être pour un futur DVD, s’il y a assez de gens tarés prêts à montrer qu’ils sont chauds pour la prochaine révolution".
Finalement, rien de très étonnant à cela. Le groupe, formé par le DJ berlinois Alec Empire en 1992, avec Hanin Elias (une ancienne punk) et Carl Crack (MC originaire du Swaziland), était très engagé politiquement, et n’a jamais eu sa langue dans sa poche. Si la musique, mêlant beats techno, riffs de guitare et samples divers, était novatrice pour l’époque, c’est surtout les vocaux punk et les vues anarchistes et antifascistes qui retinrent l’intérêt des médias et du public, le groupe développant une énergie dévasatrice en concert. Leur musique fut définie sous le terme Digital Hardcore, ce qui fut le nom pris par Empire pour appeler son label. Après l’intégration d’un nouveau membre en 1997, la germano-américano-japonaise Nic Endo, le groupe lança de fortes réflexions sur la position de la femme au sein des groupes électroniques. Le groupe, après des tournées partagées avec des groupes comme Ministry, Nine Inch Nails, Beck, ou le Wu-Tang Clan, se sépara officiellement en 2000, après des tensions entre les musiciens. La mort de Carl Crack en 2001, d’une overdose, mit fin aux espoirs de reformation, surtout après la décision de Hanin Elias de quitter Digital Hardcore Recordings, le label de Empire, pour fonder le sien propre, Fatal Recordings, qui ne dura que 4 ans. Après le split, Alec Empire entregistra deux albums solo, avec l’aide de Nic Endo, Intelligence and Sacrifice puis Futurist. Son troisième album, The Golden Foretaste of Heaven, où cette fois l’électronique avait une part dominante, sortit en avant-première au Japon fit 2007, et en Europe début 2008.
C’est donc une surprise que de les voir réapparaître ainsi. Au milieu de la tournée solo de Alec Empire, on retrouvera ainsi ATR le 3 mai au Paradiso d’Amsterdam, le 5 mai au PTR Usine de Genf (Suisse), le 7 mai au Centre Culturel Musical John Lennon de Limoges, et le 12 mai à l’Electric Ballroom de Londres... et cet été à Dour.
Allez, pour le plaisir, on se revoit la vidéo du groupe live en plein air à Berlin pendant une manifestation anti-OTAN le 1er mai 1999.
