vendredi 1er juin 2012
 
 
 

LA Requiem

Robert Crais (1999)

Petite info préliminaire qui vous en dira long sur la teneur des lignes à suivre : je n’ai pas tenu plus de la moitié du bouquin avant de le refermer définitivement. En fait, je m’emmerdais dès la dixième page, mais je me suis accroché, tentant de me convaincre que l’histoire allait décoller, qu’il allait se passer quelque chose d’intéressant. Las, je refermais à chaque fois le bouquin au bout de trois chapitres en maugréant, énervé par le déballage d’âneries que je venais de lire.

A la base, je ne suis pourtant pas mauvais client des romans de gare et thrillers pondus par paquets de douze par les maisons d’édition (‘me suis quand même envoyé une chiée de bouquins de Crichton, et je pourrais même vous dire du bien du Da Vinci Code - même si je ne pousserais pas le vice à ouvrir un autre roman de Dan Brown -, c’est dire si quand j’ai besoin de me vider la tête, je suis prêt à tout). Mais il est des limites que ce LA Requiem a franchies sans vergogne.

Premier écueil, et non des moindres, chaque personnage a l’air d’être pensé en pensant à un acteur qui pourrait l’incarner dans un film. Ainsi le rôle principal, Cole, a l’air d’avoir été pensé en imaginant un Keanu Reeves des mauvais jours ou un Colin Farrell en manque de liquidités l’interpréter dans un film réalisé par un réalisateur laxatif du genre de Brett Ratner qui insulterait tout cinéphile du dimanche en singeant Se7en. Dans le rôle de son associé Pike, on voit bien David Morse, et ça continue avec tous les personnages. Irritant. Aucune personnalité ne se dégage, on n’a droit qu’à un enfilement de clichés vite torchés, de scènes ahurissantes de connerie dans leur construction, dont on aimerait en rire si elles n’étaient pas gorgées d’autant de prétention et de premier degré.

Et l’histoire ? Ah, oui… l’histoire… A peine digne d’un épisode de Hollywood Night : une jeune femme assassinée, un détective privé qui s’appelle Cole, et son partenaire Pike (ancien petit ami de la victime) engagés par la famille pour voir si la police fait bien son boulot, un serial killer, la routine. Je parierais bien sur l’ancien petit ami Pike comme coupable, mais la vérité, et c’est le plus triste finalement, c’est qu’on n’en a fichtre rien à foutre. Les personnages sont nazes, le style (tousse) est ridicule et les tournures de phrase qui veulent en jeter agacent à chaque page, la construction du scénario est ridiculement standard avec d’un côté l’enquête et de l’autre quelques flashes-back (en italique pour qu’on se rende bien compte que ça ne se passe pas en même temps) centrés sur le personnage de Joe Pike.

A recommander uniquement à ceux qui sont en manque de combustible pour allumer leur barbecue.