
Robert Rodriguez (2007)
L’une des meilleures idées que Tarantino ait pu avoir ces dernières années fut l’extériorisation de sa passion latente pour les films de genre. On pressentait déjà cette tendance dans Kill Bill mais c’est avec le diptyque Grindhouse que le réalisateur a définitivement réalisé son coming-out et professé à pleins poumons pour le cinéma financé avec des fonds de poche. Après Death proof, sympathique Road-movie signé Tarantino, c’est au tour du film de zombies d’être revisité par son pote Robert Rodriguez dans ce second volet de la série Grindhouse, du nom de ces salles de cinéma spécialisées dans les films d’exploitation durant les années 70.
Comme dans tout bon travail respectueux des canons du genre, le sang ne coule pas dans Planet Terror, il gicle en geysers vermeil tandis que les membres sont arrachés sous l’impact de la moindre balle perdue. Les voitures ne dérapent pas, elles font un quintuple tonneau, rebondissent trois fois sur la chaussée et explosent avant même de retomber au sol. Les militaires sont cons et potentiellement violeurs (Tarantino, dans un rôle taillé sur mesure), une stripteaseuse mutilée par un zombie se fait greffer un M-4 à la place de la jambe, et le latino au lourd passé flingue les monstres sur l’autoroute perché sur une mini moto électrique. Le grain de l’image est gerbant, stries et coupures incluses, les dialogues semblent tous droits sortis d’un Comic imprimé sur du papier recyclé, et je ne parle même pas d’une quelconque notion de cohérence, de montage soigné ou de personnages crédibles. En d’autres termes, Planet Terror est un hommage quasi parfait aux séries Z d’il y a 30 ans, et on sent que Rodriguez s’est marré comme un fou à réaliser cet accumulation de séquences sans queue ni tête.
Là où Death proof tirait parfois en longueur, Planet Terror est un festival ininterrompu d’explosions, d’hémoglobine et de trucages aussi excessifs que délicieusement ringards. Il ne s’agit pas d’un thriller, ni d’un survival flippant, ni même d’une vague mise en abyme d’une quelconque réalité sociale. Non, Planet Terror est un film de zombies, volontairement primaire, cliché et bestial, et en même temps terriblement drôle et jubilatoire. Même avec quatre mètres d’intestins nécrosés qui s’étalent à l’écran à chaque minute, difficile de trouver plus rafraîchissant que ce chef d’œuvre de décalage et de poncifs fantastiquement agencés.
