
John Badham (1995)
Il y a des films comme ça… on a l’impression, quand on les voit la première fois, que ce sont des films à voir une fois, qui sont bien sympas pour un dimanche soir et puis basta. Mais voilà, quinze ans plus tard, on les a regardés des dizaines de fois, et chaque fois qu’on les regarde encore et encore, on prend un pied monstrueux. Drop Zone fait partie de ces plaisirs inaltérables.
Et pourtant, sur papier, il n’y a pas grand-chose. Un simple actioner comme Hollywood les pondait par paquets de douze dans les 90’s. Un film policier simpliste avec Wesley Snipes dans le milieu du parachutisme (Point Break était passé par là quatre ans auparavant avec deux indémodables scènes de chute libre), réalisé par le correct faiseur John Badham (à qui on doit, il faut le reconnaître, quelques perles parmi lesquelles Etroite surveillance, Wargames et La manière forte).
Pire, le film commence mal. Les vingt premières minutes sont insipides, on commence à déguster un doublage en français catastrophique, Snipes a l’air plus mauvais que jamais, et la première scène d’action (l’attaque dans l’avion) est mal fichue.
Et puis… le miracle. Snipes débarque dans le milieu du parachutisme et à partir de là, le film ne va aller qu’en se bonifiant. Tous les personnages introduits alors sont charismatiques en diable, l’esprit d’équipe et l’entente, que ce soit entre les membres du team de Snipes et Yanci Butler (les plus nostalgiques mouilleront leur caleçon de reconnaître Corin « Parker Lewis » Nemec dans le groupe), ou entre les vilains dirigés par Gary Busey sont évidentes. Tout le monde a l’air de s’amuser, et le spectateur se laisse entraîner. Même Snipes gagne en capital sympathie avec son air de gosse qui débarque dans la cour des grands.
Et bien entendu, il y a les très nombreuses scènes de parachutisme et autres acrobaties aériennes. Très nombreuses, mais diversifiées et le plus souvent parfaitement intégrées dans l’histoire et destinées à faire avancer le récit plutôt qu’à le ralentir et faire un peu d’esbroufe. Et surtout hyper esthétiques et impressionnantes. On s’en prend plein les yeux sans jamais se lasser, et la musique que Hans Zimmer a plaquée sur ces images est fantastique de grandiloquence. On se doute que le film a été construit de manière bébête juste pour relier entre elles ces différentes scènes, mais qui en a quelque chose à foutre du moment où ces scènes justifient à elles seules la vision du film et que les scènes intermédiaires garantissent une ambiance aussi fun et décontractée ?
Un film à se réserver au moins un dimanche par an…
