
(2009)
C’est parti pour une chronique ultra courte du dernier album de Dinosaur Jr, leur second depuis leur reformation inattendue en 2004 et l’excellent Beyond qui avait suivi et m’avait inspiré une assez longue chronique sur pop-rock.com. Pourquoi ne pas accorder les mêmes honneurs au petit dernier, Farm, dans ce cas ? Tout simplement parce que ce qui en avait été dit à l’époque est toujours d’actualité. Ce qu’on a TOUJOURS dit de Dinosaur Jr. est toujours d’actualité. Quelque part, Dinosaur Jr. est une heureuse anomalie du rock. Arrivée trop tôt à une époque où ils n’avaient guère d’espoir de bénéficier d’une véritable reconnaissance populaire, disparue trop tôt - le groupe se réduisant peu ou prou à Jay Mascis dès Green mind en 1991 - alors que tous ceux qu’ils avaient indirectement contribué à façonner connaissaient un succès fulgurant.
Et pourtant, il n’est même pas dit que Dinosaur Jr. aurait parfaitement trouvé sa place parmi eux. Un chant relax et alangui comme celui de Mascis aurait détonné dans le contexte ambiant de rage adolescente. La fascination de Barlow pour les soli mélodiques et complexes se serait mal insérée dans une époque qui érigeait la simplicité en art de vivre. Rien de tout cela n’a vraiment changé en 2009, et le groupe persiste à dégager la même fraîcheur adolescente que jadis, alors même que les images d’un Jay Mascis grisonnant et bedonnant faisant du skateboard dans la vidéo de Over it possèdent quelque chose d’incongru. Farm, par rapport à Beyond, c’est moins de surprise mais plus de maîtrise, la même proportion de ballades pas vraiment molles et de titres rock pas vraiment agressifs, au sein d’un album d’une remarquable cohérence et d’une totale intemporalité. Dinosaur Jr. n’est pas subitement devenu hype, ni n’intéressera tous ceux qui ne jurent que par le darwinisme médiatico-musical qui régit une bonne partie de la musique d’aujourd’hui. Dinosaur Jr., lui, fait du Rock, au sens le plus puriste et noble du terme. C’est sans doute pour cette raison que Farm surclasse, sans même chercher à le faire, 95% de ce qui s’affuble actuellement de ce qualificatif.
