vendredi 1er juin 2012
 
 
 

Cybersix

Carlos Trillo, Carlos Meglia (1994)

Petit retour sur une série de BD qui ont beaucoup égayé mes longues après-midi adolescentes. Cybersix est un monstre, la création d’un savant fou caché au plus profond de la forêt amazonienne. Fruit de l’ingénierie génétique, elle a l’aspect d’une femme, mais une force exceptionnelle et des capacités proprement surhumaines. Des années auparavant, elle a réussi à s’enfuir de la sinistre base du docteur où elle était retenue, et, récupérant l’identité d’un enfant mort, elle réussit à se faire une modeste place dans la société. Cependant, trois éléments l’empêche de vivre tranquillement : pour s’assurer la docilité de ses créatures, le docteur les a rendues dépendantes d’une drogue de sa création : La Substance. La seule possibilité qu’a la fugitive de s’en procurer est donc d’attaquer les autres créatures monstrueuses que son "père" a infiltrées dans la ville et d’absorber le contenu de la poche qu’ils ont au niveau de la jugulaire.

Deuxième élément, parmi ses créatures, le docteur a envoyé son propre clone, José, être corrompu à l’apparence absurde d’enfant qui ne vit que pour trahir et prendre la place de son père et attraper enfin la créature rebelle qui ose défier son autorité.

Troisième élément, l’enfant mort dans un accident à qui Cybersix a volé ses papiers d’identité était un garçon. Obligée de se travestir, elle mène à bien ses études, et devient professeur sous son nom d’emprunt d’Adrian Seidelman. Las, son meilleur ami (un journaliste / enseignant donnant des cours dans le même lycée qu’elle), l’a vu non déguisée et se meurt d’amour pour elle. Elle n’est pas non plus insensible à son charme, mais comment lui avouer la vérité ? Surtout quand le journaliste, sur un quiproquo, pense que son cher ami Adrian est amoureux de la même femme que lui ?

J’ai lu Cybersix il y a longtemps, à l’époque de mon adolescence, et même encore aujourd’hui, j’en garde un souvenir vivace. Pour deux raisons. La première : le scénario. Comme vous avez pu le constater en lisant le résumé, il mélange un certain nombre de genres, notamment le savant fou, le vampire, et le travestissement mais en les revisitant de fond en comble, ce qui donne au final une combinaison détonante.

La seconde : le dessin. Il est réalisé par le très talentueux Carlos Trillo, dans un noir et blanc épuré. Extrêmement dynamique, expressif et élégant, son dessin représente à merveille l’atmosphère moite d’une l’Amérique du Sud défavorisée et l’aspect gothique de la ville. Il confère une atmosphère extrêmement oppressante et vénéneuse à l’histoire entière.

Petit détail par contre : ces livres sont pour public averti. Il y a dedans une bonne dose de violence, et profusion de fluides (cervelle, sang, salive, sperme). Un dessin et un scénario crus, donc, mais ô combien originaux et marquants.