
(2009)
Power trio luxembourgeois (la province belge, pas le Grand Duché), Common Fates est un groupe qui se démarque radicalement de ses compatriotes qui tentent de percer. Au lieu de donner dans la pop d’inspiration brit comme on en est désormais gavé, Common Fates est allé chercher ses influences un peu plus loin, de l’autre côté de l’Atlantique, chez des groupes qui ont un peu moins peur de faire du bruit avec leurs guitares. Si la voix de Dorian Grégoire a parfois de faux airs d’Eddie Vedder, c’est dans un registre plus proche de Nickelback ou Staind qu’elle semble vraiment s’épanouir. La musique suit la même voix, oscillant entre morceaux punchy et power-ballads (le single Unintentionally évoque le It’s been a while de Staind).
Avec trente-six minutes au compteur, l’album est court… très court… trop court… mais au moins l’enchaînement des titres ne souffre-t-il d’aucun temps mort. On aurait aussi envie de dénoncer certaines paroles un peu trop cliché (entre le « grr ! je suis un mec, je ne me laisse pas abattre » et le « putain, j’ai la sensibilité qui me déborde par tous les pores »), mais il s’agit là d’un défaut quasi-inhérent au genre. Dernier petit regret : la production. Elle est excellente. Elle l’est trop. Alors qu’un Nickelback a bien compris que le succès de Silver side up appartenait à l’histoire et qu’il pouvait désormais se lâcher et muscler le ton sans craindre de ne plus tourner en heavy rotation sur les bandes FM, Common Fates suit le chemin inverse en tenant parfois outrageusement ses guitares en laisse (on a un beau p’tit riff très Metallica à la fin de L, mais on l’entend à peine, il est tout édulcoré). On se doute que le groupe doit être un peu plus costaud sur scène…
N’empêche, on retiendra de ce premier contact avec Common Fates que leur premier essai est très convaincant. Quelques efforts sont indubitablement à fournir pour ne pas sombrer le travail de copiste bénédictin, et pour oser s’affirmer davantage. Mais dans le paysage musical actuel, ça fait chaud au cœur de voir de nouveaux groupes se lever pour affirmer que le grunge n’est pas encore tout à fait mort.
