
(2009)
On a longtemps cherché un moyen de commencer cette chronique, de tourner autour du pot pour vous faire patienter, vous interroger sur le vrai ressenti du chroniqueur quant à cet album condamné avant l’heure par certains, et dont l’annonce ne suscitait l’enthousiasme que chez une pelletée d’indécrottables fans. Mais c’était oublier que la note de l’album vous saute ici au visage et que ça ne sert donc à rien d’essayer de retarder l’heure du jugement d’une dizaine de lignes.
Alors oui, cet album est excellent. Bien plus que ce qu’on ne pouvait espérer en fait. Le premier album d’AdA, Air, une fois qu’on avait digéré le passage à un nouveau style, on l’a beaucoup aimé, malgré son petit ventre mou. Mais on pensait que de la p’tite po-pop, Anneke en aurait vite fait le tour et que la redite risquait de frapper cet album de plein fouet. Mais que nenni ! Malgré un artwork au moins aussi moche que Air, In your room est un magnifique et lumineux disque de musique pop. C’est léger, enjoué, frais et incroyablement entraînant. Ce n’est pas là qu’on attend forcément Anneke. Ce n’est (‘faut quand même l’avouer) pas là qu’on veut la trouver. Mais puisqu’elle y a posé ses valises, autant également y traîner nos guêtres pour voir ce qui la pousse à persévérer.
Et donc ici, à part une ou deux ballades toutes douces, c’est du up-tempo, du catchy, des refrains qui tuent, du format court et balancé, et une mêlée invraisemblable de très bons titres. C’est du non-stop, chaque titre se démarque d’une manière ou d’une autre : Hey okay ! parce qu’il est parfait, The world grâce à ce duo parfait, Physical parce qu’il sample magnifiquement le refrain de The logical song de Supertramp, Adore parce qu’il conclut l’album avec une montée en puissance impressionnante, etc. Un véritable festival coloré, souvent enjoué, parfois mélancolique.
On sent que l’album a pris un peu plus de temps pour se faire, comparé à Air, et c’est tout bénéf. La production est beaucoup plus soignée, les guitares sont plus expressives et plus variées, le chant s’en donne à cœur joie, la batterie tonne bien. Il n’y a vraiment rien à redire.
Bien que les deux albums n’aient absolument rien à voir l’un avec l’autre que ce soit dans le style, le son ou l’approche, si vous n’aviez l’occasion de n’écouter qu’un seul disque et rien qu’un seul, on vous conseillerait sans hésiter ce In your room plutôt que le West Pole de The Gathering. Ca fait un peu mal au ventre à écrire, mais bon…
